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Un Monet inédit estimé jusqu’à 30 millions d’euros chez Sotheby’s à Paris
Resté à l’abri des regards pendant des décennies, un chef-d’œuvre tardif de Claude Monet s’apprête à faire son apparition sur le marché de l’art. Le 22 octobre 2026 à Paris, Sotheby’s dispersera la collection de Jeanne Schlumberger, un ensemble exceptionnel d’œuvres impressionnistes et modernes estimé à plus de 40 millions d’euros. Au cœur de cette vente, Iris, peint par Monet en 1924-1925, pourrait atteindre 30 millions d’euros.
Une collection restée dans la sphère privée
Certaines collections racontent autant l’histoire de ceux qui les ont constituées que celle des artistes qu’elles réunissent. Celle de Jeanne Schlumberger (1889-1983) appartient à cette catégorie.
Constituée au fil de plusieurs décennies et longtemps préservée des regards, la collection réunit des œuvres de Claude Monet, Paul Cézanne, Gustave Moreau, Camille Claudel, Pierre Bonnard, Gustave Courbet, Eugène Delacroix ou encore Chaïm Soutine. Sotheby’s la présente comme l’une des plus importantes collections privées d’art impressionniste et moderne jamais proposées aux enchères en France.
Jeanne Schlumberger développe notamment son regard de collectionneuse aux côtés de la galeriste Katia Granoff. Toutes deux s'intéressent très tôt aux dernières œuvres de Monet, à une époque où cette période de sa création ne bénéficie pas encore de la reconnaissance qu’elle connaît aujourd’hui.
Ce choix apparaît rétrospectivement particulièrement précurseur. Les œuvres tardives de Monet, avec leur liberté de touche, leurs cadrages et leur dissolution progressive des formes, sont aujourd’hui considérées comme un trait d’union essentiel entre l’impressionnisme et certaines recherches picturales du XXe siècle.
Iris, un Monet jamais présenté au public
C’est incontestablement la pièce maîtresse de la vente.
Réalisé en 1924-1925, à la toute fin de la vie de Claude Monet, Iris appartient à la période de Giverny. Sotheby’s estime l’œuvre entre 22 et 30 millions d’euros et la présente comme l’œuvre la plus importante de cette série jamais apparue aux enchères.
Sa provenance ajoute à son caractère exceptionnel. L’œuvre est passée directement de Monet à son fils Michel avant de rejoindre Katia Granoff, puis la collection de Jeanne Schlumberger. Conservée dans la sphère privée, elle est ainsi restée largement inconnue du public pendant des décennies.
Dans cette composition monumentale, Monet s'éloigne d'une représentation botanique traditionnelle. Les fleurs, l'eau, le ciel et leurs reflets semblent se confondre. Le regard perd ses repères et la surface picturale devient presque abstraite.
À quelques mois du centenaire de la disparition de Monet, survenue en décembre 1926, l’arrivée sur le marché d’une œuvre aussi tardive et aussi longtemps demeurée hors de la vue du public prend une résonance particulière.
Quatre Monet réunis dans une même vente
Iris ne sera pas le seul Monet de la collection Schlumberger à rejoindre les enchères parisiennes.
Quatre œuvres de l'artiste figurent au catalogue. Aux côtés d’Iris, Saule pleureur ou L’Arbre de feu est estimé entre 9 et 12 millions d’euros. La maison à travers les roses affiche une estimation de 2 à 3 millions d’euros, tandis que La Seine à Vernon, l’arbre est estimée entre 1,2 et 1,8 million d’euros.
À elles seules, ces quatre peintures témoignent de différentes recherches de Monet autour du paysage, de la lumière et de la perception.
Le spectaculaire Saule pleureur, notamment, appartient au célèbre ensemble consacré aux saules de Giverny. La peinture y oscille entre observation de la nature et liberté chromatique, illustrant l’évolution du langage de Monet dans les dernières années de sa carrière.
De Cézanne à Camille Claudel, une collection bien au-delà de Monet
Si Monet constitue le sommet attendu de la vente, la collection révèle une vision beaucoup plus large de l’histoire de l’art moderne.
Paul Cézanne y occupe notamment une place remarquable avec des œuvres provenant du Jas de Bouffan, la propriété familiale près d’Aix-en-Provence qui fut l’un de ses premiers grands laboratoires artistiques.
La sculpture est également représentée avec La Valse, petit modèle de Camille Claudel, estimée entre 400 000 et 600 000 euros. L’univers symboliste apparaît quant à lui à travers Gustave Moreau et son Rêve d’Orient, estimé entre 600 000 et 800 000 euros.
Bonnard, Courbet, Delacroix et Soutine complètent notamment cet ensemble, dessinant un parcours à travers plusieurs générations d’artistes qui ont participé aux profondes transformations de la peinture française et européenne.
Quand collectionner devient une affaire de regard
Au-delà des estimations spectaculaires, la collection Schlumberger rappelle l’une des dimensions fondamentales de toute grande collection : le regard.
Jeanne Schlumberger n’a pas simplement réuni des signatures aujourd’hui consacrées. Elle s’est intéressée à certaines œuvres à une époque où leur importance n’était pas encore pleinement reconnue par le marché et la critique.
C’est particulièrement vrai des Monet tardifs.
Collectionner consiste aussi à savoir reconnaître une œuvre avant que sa place dans l’histoire ne devienne évidente. Une intuition, une sensibilité et une connaissance qui rapprochent le monde de l’art de celui des autres biens d’exception : leur valeur ne tient jamais seulement à leur rareté, mais également à leur provenance, leur histoire, leur singularité et aux émotions qu’ils sont capables de traverser dans le temps.
Sotheby’s, de l’art aux propriétés d’exception
Cette vente illustre aussi les liens historiques qui unissent l’univers Sotheby’s à celui des collectionneurs internationaux.
Fondée à Londres en 1744, Sotheby’s accompagne depuis près de trois siècles la circulation d’œuvres et d’objets d’exception. Cette culture de l’expertise et de la mise en relation internationale se prolonge aujourd’hui dans l’immobilier à travers Sotheby’s International Realty.
Sur la Côte d’Azur, Côte d’Azur Sotheby’s International Realty partage cette même approche auprès d’une clientèle française et internationale à la recherche de propriétés singulières : villas historiques, domaines privés, résidences contemporaines, appartements avec vue sur la Méditerranée ou propriétés confidentielles proposées hors marché.
Art et immobilier de prestige partagent en effet une même réalité : les biens véritablement exceptionnels sont rares, et leur appréciation suppose expertise, connaissance du marché et compréhension de leur histoire.
Le 22 octobre prochain à Paris, c’est précisément l’histoire d’une collection restée presque secrète qui rencontrera à nouveau le marché.
Et tous les regards seront tournés vers Iris.
La Collection Schlumberger. Le Temps retrouvé
Vente : 22 octobre 2026 à 18 h
Lieu : Sotheby’s Paris, 83 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e
Collection : art impressionniste et moderne
Estimation de la collection : plus de 40 millions d’euros
Claude Monet, Iris : estimation 22 à 30 millions d’euros.
Crédit photo : Sotheby’s